Mon expérience avec l’intelligence artificielle
Et si le vrai enjeu n’était pas l’IA, mais la manière dont JE l’utilise ?
Avec la montée en puissance de l’intelligence artificielle, de nombreux métiers sont aujourd’hui profondément impactés par cette technologie en pleine expansion et les métiers de la communication sont en première ligne. En tant qu’étudiante dans ce domaine, je suis la première à en faire usage, particulièrement dans le cadre de mes cours.
L’IA m’aide réellement sur de nombreux aspects : ayant des difficultés en rédaction et en structuration de textes, je l’utilise pour améliorer une base que je prends soin de préparer moi-même au préalable. Il en va de même pour d’autres besoins ponctuels. Malgré cette aide précieuse, j’ai tout de même relevé plusieurs points importants à mettre en lumière, afin de prendre les bonnes décisions : s’améliorer, adapter ses pratiques, voire y renoncer dans certains cas.
J’ai l’impression que c’est un peu comme une drogue. J’ai utilisé ChatGPT une première fois en me disant que ce serait la dernière… et malheureusement, ça ne s’est pas passé ainsi. Je vais vous détailler tout cela au fil de cet article.
I. Les avantages de l’IA
Il faut bien l’admettre : l’IA et ChatGPT en particulier est un outil remarquablement efficace. Avant tout, c’est un gain de temps considérable pour les recherches, les questions méthodologiques et bien d’autres tâches du quotidien étudiant. Sa prise en main est intuitive, et dans pratiquement toutes les situations, il parvient à fournir une réponse, une méthodologie ou au moins une piste de réflexion.
Un exemple concret : la plaquette commerciale
À l’occasion d’un projet de cours réalisé avec la Compagnie My Haut, j’avais demandé à ChatGPT de générer la première page d’une plaquette commerciale un élément particulièrement technique à concevoir. Il s’est exécuté, et le résultat était à première vue satisfaisant. Voilà tout l’attrait de l’outil : il produit vite, il produit proprement, et il débloque des situations qui semblaient bloquées.
On peut résumer les principaux avantages ainsi :
- Gain de temps significatif sur les tâches répétitives ou techniques
- Disponibilité permanente, sans contrainte d’horaire
- Accessibilité pour des profils ayant des difficultés en rédaction ou en structuration
• Aide à l’exploration d’idées et à la créativité lorsqu’on se retrouve bloqué
II. Les inconvénients de l’IA
Mais derrière cette facilité apparente se cachent de nombreux écueils. Lorsque je formule une demande à une IA, même en étant claire et précise, le résultat obtenu ne correspond pas toujours à ce que j’attendais. Je me retrouve alors à reformuler, encore et encore, dans l’espoir d’obtenir une réponse vraiment adaptée et dans le meilleur des cas, je finis par abandonner et revenir à une méthode plus classique : Google, ou tout simplement les livres.
La perte d’autonomie intellectuelle
Au-delà de l’aspect purement technique, il y a quelque chose de plus insidieux : cette petite voix intérieure qui murmure « Attention, tu es en train de perdre ton autonomie de réflexion. » Et ça, c’est quelque chose qui me préoccupe vraiment. À force de déléguer la pensée à une machine, on risque de ne plus savoir penser par soi-même.
C’est d’ailleurs lors d’un cours dédié à l’intelligence artificielle que j’ai commencé à me questionner réellement sur cet usage. Au-delà des aspects techniques, c’est la façon dont on utilise l’IA et dont elle finit par nous utiliser qui a été mise en lumière. Ce cours a été un véritable déclencheur.
L’impact environnemental, souvent oublié
Il y a aussi un aspect dont on parle encore trop peu : l’impact environnemental de l’IA. Pour fonctionner, traiter nos requêtes et répondre à toutes nos questions, ces systèmes consomment une quantité massive d’eau et d’énergie. Les datacenters qui les font tourner sont des gouffres énergétiques. Ignorer cette réalité serait faire preuve d’une étrange forme de cécité.
III. Reprendre le contrôle : « c’est nous qui donnons le pouvoir »
Il y a une phrase qui me revient souvent lorsque j’évoque l’usage de l’intelligence artificielle : « C’est nous qui donnons le pouvoir. » À première vue, cela peut sembler obscur. Pourtant, cette idée s’applique à tout.
Prenons l’exemple d’un marteau. Rangé dans un placard, il est inerte, sans pouvoir. Mais dès que je le prends pour construire un meuble, je lui confère le pouvoir de m’aider à fabriquer quelque chose. L’IA fonctionne exactement de la même manière : c’est un outil. Neutre en soi. Sa valeur ou sa dangerosité dépend entièrement de la manière dont on l’utilise.
Je ne compte pas pour autant arrêter d’utiliser l’IA pour certaines tâches : dans notre époque, c’est devenu un outil quasi indispensable. Mais je compte bien changer ma pratique. Cela ne nécessite pas une révolution : juste revenir à ce qu’on a toujours fait depuis la nuit des temps chercher dans les livres, explorer par soi-même, questionner, douter. Et utiliser l’IA comme un complément, non comme un substitut à la réflexion.
Conclusion : un outil, pas une béquille
L’intelligence artificielle est, comme tant d’autres innovations avant elle, un miroir de nos usages. Elle amplifie ce que nous sommes : si nous l’utilisons avec discernement, elle devient un levier puissant. Si nous nous en remettons aveuglément à elle, elle devient une béquille qui nous affaiblit.
Le vrai défi n’est pas de résister à l’IA ou de l’adopter sans réflexion. C’est d’apprendre à vivre avec elle de manière éclairée : en gardant notre esprit critique, notre curiosité intellectuelle, notre capacité à chercher, à nous tromper, et à apprendre de nos erreurs. Des qualités qu’aucune IA ne pourra jamais vraiment nous enseigner.