Et si les moyens de communication n’avaient jamais existé ?
Un monde sans téléphone, sans internet, sans langage écrit… vraiment ?
Je suis étudiante en communication. Et à force d’étudier les médias, les réseaux, les stratégies de message, je me suis retrouvée un jour à me poser une question un peu folle : et si tout ça n’avait jamais existé ? Pas de téléphone, pas d’internet, pas de presse, pas même l’écriture. Rien. Le silence total.
À première vue, on pourrait se dire que ce serait catastrophique. Et vous avez probablement raison. Mais en y réfléchissant un peu plus, on se rend compte que la réalité est bien plus nuancée. Parce qu’à force de tout communiquer, tout le temps, avec tout le monde on finit parfois par se demander si on dit encore vraiment quelque chose.
C’est un peu comme imaginer un monde sans bruit. D’abord, on est perdu. Et puis, on commence à entendre des choses qu’on n’entendait plus.
Un monde sans communication : le scénario catastrophe
Soyons honnêtes : sans les moyens de communication, le monde tel qu’on le connaît n’existerait tout simplement pas. Pas d’histoire transmise, pas de savoirs accumulés, pas de sciences, pas de lois. Chaque génération repartirait de zéro, comme si rien n’avait jamais été appris avant elle. Vous voyez le tableau ?
Je pense souvent à mes grands-parents, qui correspondaient par lettres pendant des semaines pour avoir une réponse. À l’époque, chaque mot comptait, chaque phrase était pesée. Sans écriture, même ça n’aurait pas été possible. Comment auraient-ils fait ? Comment auraient-ils vécu ? Je n’en sais rien, et franchement, je ne veux pas le savoir.
Concrètement, voilà ce qui disparaît avec les moyens de communication :
- La transmission du savoir d’une génération à l’autre
- La coordination entre les peuples, les pays, les communautés
- Les liens affectifs à distance famille, amis, amour
• Et avec tout ça… l’Histoire elle-même, qui n’aurait jamais pu s’écrire
Mais et s’il y avait quand même du bon ?
Je sais, je sais. Ça peut paraître provocateur. Mais laissez-moi finir. Je ne dis pas que ce serait mieux. Je dis juste que ce serait différent. Et que dans cette différence, il y aurait peut-être des choses qu’on a perdues en chemin, sans même s’en rendre compte.
Combien de fois avez-vous eu une conversation profonde avec quelqu’un à côté de vous, pendant que vous étiez tous les deux le nez dans votre téléphone ? Moi, trop souvent. Et ça me gêne. Vraiment. Parce que dans ce cas-là, les moyens de communication ne nous rapprochent pas, ils nous éloignent.
Surtout avec notre génération, c’est devenu un fléau qui prend énormément de place et qui est aussi bien dérangeant que tout le monde soit scotché sur un écran de téléphone d’ordinateur et autre. Et une chose m’a frappée : avant l’imprimerie, avant la radio, avant tout ça, les gens se racontaient des histoires. Autour d’un feu. Ensemble. En se regardant dans les yeux. Est-ce que c’est vraiment si différent de ce qu’on cherche encore aujourd’hui ? Je ne crois pas.
Sans les réseaux sociaux, sans les notifications, sans les messages en attente… est-ce qu’on ne serait pas, quelque part, un peu plus présents ? Un peu plus là ?
Ce que ce scénario imaginaire nous apprend sur nous-mêmes
Il y a une phrase que j’aime bien : « On ne connaît la valeur de l’eau que quand le puits est à sec. » Imaginer un monde sans communication, c’est un peu ça. Ça nous force à nous demander : pourquoi on communique ? Pourquoi ? Et surtout : est-ce qu’on le fait bien ?
En étudiant la communication (en terminale stmg), j’ai appris que le message n’est pas tout. Il y a l’émetteur, le récepteur, le canal, le contexte, les bruits, les silences. Et parfois, les silences en disent plus long que les mots. Alors si les moyens de communication n’avaient jamais existé, on n’aurait peut-être pas perdu l’essentiel. Parce que l’essentiel, c’est le désir de se connecter à l’autre et lui, il a toujours été là.
Je ne vais pas pour autant jeter mon téléphone par la fenêtre. Ce serait un peu extrême, avouons-le. Mais je compte bien changer ma façon de communiquer. Non pas en faisant moins, mais en faisant mieux. Avec plus d’intention. Plus de présence. Comme si chaque message comptait vraiment.
Petite anecdote (pour ne pas changer), durant mon stage j’ai eu l’occasion d’échanger avec l’équipe du SUAPS sur cette nouvelle génération qui ne vit plus les moments présent et c’est que je me suis identifier dans leur propos et je ne suis dit que c’est un vrai sujet qui nous impacte mais qui impacte aussi les personnes autour de nous. Un des prof de sport qui est aussi un responsable au sein du SUAPS à fait une randonnée avec ses étudiants et arrivée au sommet, il voit tout de suite tous les jeunes étudiants sortir leur téléphone et prendre des photos au lieu juste de profiter du mon présent et laisser notre mémoire faire ce qu’il sait bien faire à savoir retenir ce genre de moment qui marque.
Conclusion : communiquer, oui mais vraiment
Alors, et si les moyens de communication n’avaient jamais existé ? Ce serait une catastrophe, évidemment. Mais cette question un peu folle nous rappelle quelque chose d’important : ces outils ne valent que ce qu’on en fait.
C’est un peu comme le marteau dans le placard pour reprendre une image que j’aime bien. Rangé là, il ne sert à rien. Mais dans les mains de quelqu’un qui sait pourquoi il s’en sert, il peut construire quelque chose de solide. Nos moyens de communication, c’est pareil. Le pouvoir, c’est nous qui le leur donnons. Alors autant le leur donner à bon escient.
— Petit moment de réflexion —